Tu es enceinte, tu approches du grand jour, et tu te demandes comment vivre ton accouchement de la façon la plus sereine et la plus efficace possible ? Bonne nouvelle : la position que tu adoptes pendant le travail a une influence réelle sur la durée du travail, l’intensité des contractions, la descente de bébé et même le risque de déchirures.
de s’allonger sur le dos — une position qui, scientifiquement, est loin d’être la plus favorable.
Dans cet article, on fait le point sur les meilleures positions pour accoucher plus
facilement, phase par phase, avec les explications qui vont avec.
Pourquoi la position pendant le travail est-elle si importante ?
Pendant l’accouchement, ton corps et celui de ton bébé travaillent ensemble pour réussir
une véritable prouesse mécanique. Le bassin doit s’ouvrir au maximum, bébé doit trouver
son chemin à travers le détroit pelvien, et l’utérus doit se contracter efficacement.
La position que tu adoptes agit directement sur plusieurs paramètres clés :
- L’ouverture du bassin : certaines positions augmentent le diamètre disponible pour bébé de plusieurs millimètres — ce qui peut tout changer.
- La gravité : être debout, assise ou accroupie aide bébé à descendre naturellement.
- L’efficacité des contractions : une bonne position permet à l’utérus de se contracter de façon plus coordonnée.
- La douleur perçue : bouger et changer de position active le système nerveux et module la perception des contractions.
- L’oxygénation de bébé : s’allonger sur le dos peut comprimer la veine cave, réduisant le flux sanguin vers le placenta.
Plusieurs études, dont une revue Cochrane de référence, confirment que les positions
verticales et mobiles pendant le premier stade du travail réduisent sa durée,
diminuent le recours à la péridurale et améliorent le vécu global de l’accouchement.
Phase 1 — La dilatation : bouger, bouger, bouger
Le premier stade du travail correspond à la phase de dilatation du col utérin,
de 0 à 10 cm. C’est souvent la plus longue. L’objectif ici : aider le col à s’effacer et
s’ouvrir progressivement, tout en restant le plus à l’aise possible face aux contractions.
La marche et la position debout
C’est souvent la première chose à faire dès que le travail démarre. Marcher entre les
contractions favorise la descente de bébé par l’action de la gravité, stimule les
contractions et libère des endorphines. Pendant la contraction, tu peux t’appuyer sur un mur,
sur ton partenaire ou sur une barre fixe en balançant légèrement les hanches.
La position à quatre pattes (quadrupédie)
Mains et genoux sur le sol ou sur le lit — cette position est une des plus
efficaces de tout le travail. Elle soulage considérablement la pression dans le bas du dos
(particulièrement précieux en cas de présentation postérieure de bébé), libère le sacrum et
permet à bébé de pivoter plus facilement. Tu peux ajouter un balancement du bassin d’avant en
arrière ou de côté pour intensifier l’effet.
La position assise sur le ballon de naissance
Le ballon de grossesse (gynball) est une aide précieuse. Assis dessus, le
périnée est en suspension, le bassin peut se mobiliser librement, et tu peux faire des cercles
ou des balancements qui accompagnent les contractions. Cette position combine les bénéfices
de la verticalité et du mouvement, sans épuiser tes jambes.
La position semi-assise ou en tailleur
Lorsque tu as besoin de te poser, évite de t’allonger à plat dos. Privilégie
une position semi-assise avec le dossier du lit incliné à 45° minimum, ou assis en tailleur
sur le lit avec un coussin sous les fesses. Ces options maintiennent la verticalité et évitent
la compression de la veine cave inférieure.
Phase 2 — La transition : gérer l’intensité maximale
La phase de transition correspond aux derniers centimètres de dilatation
(environ 7 à 10 cm). Les contractions sont plus longues, plus intenses, plus rapprochées.
C’est souvent le moment le plus difficile — et paradoxalement, le signe que ça avance bien !
À cette phase, l’objectif n’est plus tant de « faire avancer » les choses que de traverser
les contractions avec le moins de résistance possible.
- Accrochée à ton partenaire : debout, les bras noués autour de son cou, tu laisses pendre ton bassin. Le balancement de côté aide à tenir.
- En suspension : si la salle de naissance dispose d’une barre ou d’un tissu de soutien, t’y accrocher en demie-suspension soulage énormément le périnée.
- À genoux, penchée sur un support : les bras posés sur le lit ou sur un ballon, tu baisses la tête et te laisses aller entre les contractions.
C’est aussi le moment de travailler ta respiration — un axe central de la
préparation à l’accouchement en kinésithérapie pelvi-périnéale.
Phase 3 — L’expulsion : des positions qui ouvrent le bassin
Le deuxième stade du travail, c’est la phase des efforts expulsifs. Bébé est
engagé, il faut maintenant l’aider à franchir la dernière étape. C’est ici que le choix
de la position est le plus déterminant mécaniquement.
La position accroupie
C’est l’une des positions les plus physiologiques qui existe. Accroupie, l’ouverture
du détroit inférieur du bassin augmente de façon significative — jusqu’à 28 % selon
certaines études. La gravité est maximale, les efforts de poussée sont optimisés. Elle peut
être réalisée en soutien (barre de poussée, partenaire, hamac obstétrical) pour éviter la
fatigue des jambes.
La position latérale (décubitus latéral)
Allongée sur le côté gauche, une jambe levée — cette position est particulièrement recommandée
lorsque le travail avance vite ou pour ralentir légèrement la phase d’expulsion
et réduire le risque de déchirures périnéales. Elle est aussi très utilisée en cas de péridurale,
puisqu’elle permet quand même de bénéficier d’une certaine verticalité relative.
La position à quatre pattes pour l’expulsion
Souvent sous-utilisée en France mais très efficace, surtout en cas de présentation
postérieure (bébé face vers le haut). Elle libère le sacrum, qui peut ainsi reculer
et augmenter le diamètre antéro-postérieur du bassin. Elle réduit aussi la pression sur le
périnée et peut limiter les déchirures.
La position semi-assise classique : quand et comment ?
C’est la position la plus répandue dans les maternités françaises — mais elle n’est pas
nécessairement la meilleure d’un point de vue biomécanique. Si tu dois ou veux l’adopter,
assure-toi que le dossier est bien incliné, les jambes fléchies et les pieds posés
plutôt que maintenus dans des étriers, et que tu peux librement mobiliser ton bassin.
Les erreurs à éviter pendant le travail
- Rester allongée sur le dos sans nécessité médicale — c’est la position qui réduit le plus l’efficacité du travail et l’oxygénation fœtale.
- Ne pas bouger par peur de « déranger » — tu as le droit de te lever, de marcher, de changer de position autant que tu le souhaites.
- Bloquer sa respiration systématiquement lors des poussées — la poussée en apnée (méthode de Valsalva) est de moins en moins recommandée ; la poussée spontanée, guidée par les sensations, est souvent plus douce et plus efficace.
- Vouloir « tenir » et résister aux contractions — la contraction est plus efficace quand on s’y abandonne plutôt qu’on la combat.
Le rôle de la kiné pelvi-périnéale dans la préparation à l’accouchement
La préparation à l’accouchement en kinésithérapie pelvi-périnéale, c’est bien plus que de
la théorie. C’est un espace où tu vas expérimenter ces positions dans ton corps,
apprendre à mobiliser ton bassin, travailler ta respiration, comprendre comment ton périnée
fonctionne et comment ne pas le bloquer au moment crucial.
En Martinique, si tu cherches un accompagnement personnalisé pour préparer ton accouchement
de façon physiologique et sereine, une kinésithérapeute spécialisée en santé féminine peut
t’accompagner dès le 3e trimestre — ou même avant.
FAQ — Positions pour accoucher plus facilement
Quelle est la meilleure position pour accoucher ?
Il n’existe pas de position universellement « meilleure » — tout dépend de toi, de la position
de bébé, de la phase du travail et de ton niveau de confort. Cela dit, les positions verticales
et mobilisées (debout, accroupie, à quatre pattes) sont scientifiquement associées à un travail
plus court et moins douloureux. La meilleure position est celle dans laquelle ton corps te
guide naturellement.
Peut-on choisir sa position si on a une péridurale ?
Oui, même sous péridurale ! Même si la mobilité est réduite, il est tout à fait possible
de changer régulièrement de position : côté gauche, côté droit, semi-assise,
voire à quatre pattes avec aide. Les équipes soignantes peuvent t’accompagner dans ces
changements. La péridurale n’est pas une raison de rester bloquée sur le dos.
La position à quatre pattes est-elle vraiment efficace ?
Oui, particulièrement en cas de douleurs lombaires intenses ou de bébé en présentation
postérieure (occiput postérieur). Elle libère le sacrum, soulage la pression dans le dos
et aide bébé à pivoter. De nombreuses sages-femmes et kinésithérapeutes la recommandent
activement.
Comment puis-je me préparer à utiliser ces positions ?
La préparation à l’accouchement avec une kinésithérapeute spécialisée est idéale pour
pratiquer ces positions avant le jour J. Tu apprendras à les adopter
naturellement, à associer chaque position à une respiration adaptée, et à mobiliser
efficacement ton bassin et ton périnée.
À partir de quand peut-on commencer à travailler les positions d’accouchement ?
Dès le troisième trimestre (à partir de 28 semaines), tu peux commencer à
explorer ces positions avec un professionnel de santé. Certaines, comme la position à
quatre pattes ou le ballon, peuvent être pratiquées plus tôt pour soulager les inconforts
de la grossesse.
En conclusion
Ton corps est fait pour accoucher — et les positions que tu adoptes peuvent vraiment faire
la différence. Bouger, rester verticale autant que possible, laisser ton bassin libre
de s’ouvrir : voilà les grands principes à retenir. Chaque femme est unique, chaque
accouchement aussi, et il n’y a pas de « bonne réponse » universelle — seulement des outils
à avoir en main pour faire les meilleurs choix le moment venu.
La clé, c’est de te préparer en amont, d’expérimenter ces positions dans
ton corps avant le travail, et de ne pas arriver le jour J sans avoir eu l’occasion de les
pratiquer.
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dans ton corps et dans tes ressources.
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Sources
- Gupta JK, Sood A, Hofmeyr GJ, Vogel JP. Position in the second stage of labour for women without epidural anaesthesia. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2017.
- Lawrence A, Lewis L, Hofmeyr GJ, Styles C. Maternal positions and mobility during first stage labour. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2013.
- Haute Autorité de Santé (HAS). Accouchement normal : accompagnement de la physiologie et interventions médicales. Recommandations de bonne pratique, 2017.
- Desseauve D, Fradet L, Lacouture P, Pierre F. Position during labor and delivery: state of knowledge and biomechanical perspectives. European Journal of Obstetrics & Gynecology and Reproductive Biology, 2017.
- OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Recommandations de l’OMS pour les soins intrapartum pour une expérience positive de l’accouchement. 2018.


